souffle

visage défait.
sur le bord du trottoir.
roulée en boule.
sur le bord du lit.
les murs sont devenus des barrières protectrices.
le monde extérieur est devenu mon sauveur.
soufle coupée, tête en bataille, j’ai juste le goût de vomir.
Je ne m’y reconnais, une étrangère est devenue des mots, des citations qui ne collent pas.
L’artiste a dépeint son modèle. Le modèle ne comprend pas.
J’ai mal. mal. mal.
Ceci ne peut pas durer.

mal.


Crevaison

Étudiants, dépêchez-vous de nous aider à faire rouler l’économie de notre belle société.
Il y a un morceau de verre brisé dans ma roue.
Vous savez.
.


Extrait 2

“Le retour a eu lieu, comme si c’était plus facile. Ne rien déranger, ne pas trop penser, laisser les choses suivrent leur cours, écouter la raison qui a évidemment raison.

« Ah si seulement je pouvais partir, mettre les voiles, partir chercher des lémuriens à Madagascar! »

Le besoin de folie semble contagieux, à ce que me crie ma colocataire à travers le mur qui nous sépare.

« Au pire, je peux te dessiner des lémuriens, puis t’as qu’à les mettre dans ton sac à dos », réplique ai-je. La folie doit vraiment être bouche bée par mes initiatives.

Le climat est donc à la rébellion dans l’appartement, la routine nous emmerde, les cours nous endorment, la vie a momentanément perdu quelques-uns de ses attraits. Janvier nous accueille à bras ouverts, ou plutôt, à coup de tronçonneuse. “


Extrait

“Ils l’appellent le nouvel an. Peut-être.

Mais je crois que c’est plutôt le moment où tu t’aperçois que ta vie n’est pas ce que tu voudrais qu’elle soit. Et tu bois. Et le résultat ne peut qu’être désastreux.

Ce ne sera pas la première fois.

Cinq heures du matin, je constate le désastre, et la solitude. L’appartement est vide, je suis revenue chancelante à pied, et je comprends que ma vie n’est pas ce que je veux.

Autre chose. Ailleurs. Folie.

1er janvier, cinq heures du matin, et je constate pour la première fois ma solitude. Elle a fait sa place, doucement, tranquillement, et elle m’étouffe.

Il faut ouvrir les fenêtres.”


J’m'en balance que tu manges une patate au resto du coin à 15h12

bon. c’est clair.


Le retour

Out of facebook.
Je devrai donc écrire ici.
Exutoire nécessaire.
Partage de bonheur musical aussi.

Je revenais tranquillement à vélo du boulot (oui, oui, je sais, je parle toujours de mon vélo)
Mais.
J’ai compris pourquoi je parle toujours de mon vélo.
Parce que c’est le seul choix auquel je crois jour après jour. Non, peut-être pas le seul choix, mais celui que je ne remet jamais en question. Je prends mon vélo, point. Aucun sacrifice, et personne ne peut ébranler ce choix, contrairement à plein d’autres. La seule décision que j’ai prise sans me soucier du regard des autres.

Chaque matin, avant de reprendre mon vélo, je renouvelle mes voeux. C’est comme le mariage, et chaque matin, je suis heureuse de mon choix de partenaire, et je sais pourquoi je l’ai fait.
Chaque matin, le mari choisit de nouveau sa femme, et vice versa.

Chaque matin, je choisis de nouveau ma monture de métal.
J’espère un jour que toutes mes décisions seront aussi inébranlables, claires et simples.
J’espère.


really


….

Des mots décousus
Des mots suspendus, à ma tête, à mes lèvres, puis aux tiennes.
Puis aux tiennes.

Sans queue ni tête, avec corps. Un corps de mots, sans début, sans fin.
Un corps explosif.
Lire tout sans comprendre. Écrire tout sans contexte.

Du coq à l’âne, souvent.
Du cerveau à mon âme, tout le temps.

Des mots décousus
Des mots suspendus, à ma tête, à mes lèvres, puis aux tiennes.
Puis aux tiennes.


La scène se répète. Elle se revoit, il y a des mois, ou peut-être même des années, dans la même position, dans la même réflexion. Le temps passe, mais elle n’a pas l’impression d’avancer, comme si à partir d’un certain moment, les questionnements restaient les mêmes, sans réponse.
Elle s’enlise. Peut-on changer de jeu? Celui-ci, j’en ai marre.

La scène se répète. Elle est assise, devant son ordinateur, pianotant des mots, pianotant le fil de sa pensée. Elle ne bouge pas. Elle attend encore. Comme attachée, comme empêchée. Non, comme lâche.
Elle est de retour. En fait, elle n’a jamais quitté son palais. La peur se terre, empêche et ricane.
Pas le courage.

La scène se répète.


..

-Pourquoi tu m’écris? Pourquoi tu continues de m’écrire, pourquoi, hein, pourquoi?
-Pour ne pas que tu m’oublies.
-Mais…
-Arrête, je ne veux pas savoir que tu ne m’aimes pas, je ne veux pas savoir que l’autre existe, je ne veux juste pas que tu m’oublies.
-Mais…
-Non. Quand tu me lis, malgré toi, tu penses à moi. Tu te remets peut-être en question, tu cherches le lien qui nous unit, tu penses à un genre de nous, tu réfléchis sur la personne que je suis, que tu es. J’existe un temps. J’existe le temps de cette lecture.

Mes mots sont les secondes où j’existe. Laisse-moi ces mots.


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